La portée et les limites du Slam

Poésie des rues issue des influences des poètes de la Beat Generation (Kerouac, Ginsberg, Cassady) qui associaient spontanéité et fascination pour les milieux underground des villes des États-Unis, mouvement littéraire apparue aux États-Unis, le Slam est arrivé en Europe par Berlin en 1994 avant de gagner la France quatre ans plus tard, où celle-ci a inclus la règle du « un poème dit=un verre offert » (qui a dû contribué à sa popularité).

Sa propagation en France a surtout été permis grâce au film de Marc Levin s’intitulant Slam. Le film raconte l’histoire d’un poète-rappeur, Ray Joshua, qui est arrêté pour possession de drogue et qui en prison fera la rencontre de Lauren Bell l’aidant ainsi à développer son : le slam. Saul Williams, lui-même slammeur, interpréta le rôle de Ray Joshua, rôle qu’il a beaucoup improvisé.

« His role in the film was improvised, as much of the film was, according to Baraka. »

The Washington Syndicate’s Review.

Le film a été récompensé par une Caméra d’or au Festival de Cannes en 1998 et des critiques comme celle de Télérama souligne la cohérence entre le sujet (le slam) et la mise en scène : « Marc Levin filme comme son héros parle. Avec des images chaloupées, chaudes et directes, où l’anecdotique côtoie l’universel, où le microscopique brille autant que l’infiniment grand. »

La bande-annonce du film en question :

 

Par la suite, le Slam a connu une plus grande visibilité médiatique grâce à des slameurs comme Adb Al Malik ; Souleymane Diamanka ; Tsunami ; Nada et entre autre Grand corps Malade. Ces « stars » toujours proches de la population forment de formidables acteurs sociaux. Ils ne brillent pas seulement sur scène, ils participent à la diffusion du slam à travers des ateliers d’écriture et des programmes scolaires après avoir été décrié dans un premier temps par les enseignants. Oui, des ateliers d’écritures car même si le Slam est dit et parfois improvisé, il faut accepter de poser ces mots sur papier les premières fois pour découvrir son style personnel. Ce genre d’atelier en coopération avec les heures d’études en enseignement primaire et secondaire est proposé par exemple par le site de Slam Le Milieu. Le sujet a déjà été débattu, comme sur le site traitant de l’actualité pédagogique, cafépédagogique par Virginie Mege où elle posait sérieux la question du Slam et de son idée de l’inclure dans les activités scolaires. Une idée qui n’était pas apparue d’elle-même, mais qui avait été déjà mis en application par certains enseignants en France. Severine Carpeille faisait mention de l’intervention de Marco Casimiro de San Leandro alias « Vers Saint Rhétorique », sur e-torpedo.net, en 2007 dans sa classe. Cette invitation ayant permis aux élèves de mieux saisir les subtilités de langue française à travers ses procédés stylistiques.

Cependant, les limites de l’expansion du Slam viendrait de ces mêmes agents de propagation médiatisé. Le simple fait de porter l’étiquette de slameur font que toutes leurs créations et leurs prestations sont associées au slam. Une citation de Grand corps malade introduit bien ce problème.

« Je viens du slam. C’est un art a capella, c’est un art live, il faut qu’il y ait un auditoire pour qu’il y ait du slam. Pour moi, ça n’a pas de sens de dire que c’est un disque de slam parce qu’à partir du moment où ce n’est plus de l’a capella, à partir du moment où ce n’est pas du live, à partir du moment où ce n’est pas le partage de la scène avec plein d’autres slameurs, pour moi ce n’est plus vraiment du slam.[...] Pour moi le disque, la tournée, avec les musiciens c’est autre chose. C’est un autre projet. Je suis un slameur qui a un projet musical.[...] »

Interview de Grand Corps Malade sur www.rap2K.com à travers les archives de wikipédia.

Les règles qui définissent le slam sont déjà assez simples, peut-être beaucoup trop simples pour le grand public ce qui lui donne un statut de fourre-tout. Impossible de se mettre d’accord sur le fait que le Slam soit un art qui exclut la musique quand Gérard Ansaloni, slameur confirmé, sort deux disques. Selon Marco Casimiro, la confusion avec le rap vient de l’écriture rythmique même si la métrique n’est pas semblable et les slameurs savent bien quand ils font du rap et quand ils font du slam. De plus, le slam étant quelque chose de vivant, une communication entre le poète et un public, on peut difficilement approuver son efficacité à travers la diffusion de vidéo ou de son sur le net. Ainsi, le slam est actuellement quelque chose de connu, mais pas forcément quelque chose de reconnu.

 

Source :slamtribu.fr ; ateliersSlam, Le Milieu, cafepedagogique.net ; e-torpedo.net ; de.wikipedia/poetry slam.

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